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  • annetolliepro

De la respiration au souffle


La respiration : Un peu d’anatomie

Notre inspiration est active, l’expiration est passive. C’est un influx nerveux partant de notre cerveau qui active l’inspiration ; cet influx déclenche une contraction du muscle diaphragme qui s’abaisse et génère un appel d’air, un effet piston , qui fait entrer l’air dans nos poumons ; cette contraction se relâche ensuite, l’air ressort, c’est l’expiration.

Notre diaphragme ressemble à une coupole inversée ; il sépare notre appareil digestif de nos poumons. Il s’abaisse quand nous inspirons et retrouve sa place à l’expiration. En s’abaissant il comprime le volume des viscères , d’où le léger bombement du ventre à l’inspiration lors de la respiration reflexe .

Essayez ! assis dos droit ou allongé, posez les mains sur le ventre et respirer tranquillement, observez


Nous respirons la plus part de temps sans y penser, mais nous pouvons également influer volontairement sur l’amplitude de notre respiration.

C’est la seule fonction de notre organisme qui peut fonctionner à la fois en mode reflexe ou en mode contrôle ; je ne peux pas contrôler mon rythme cardiaque, par contre je peux faire une grande inspiration quand je le décide. C’est alors en grande partie les muscles intercostaux qui sont à l’œuvre, la cage thoracique s’ouvre en largeur et à l’avant, invitant les poumons à accueillir un plus grand volume d’air que lors de la respiration reflexe.

Essayez ! assis dos droit ou allongé, posez les mains sur les côtés de votre cage thoracique et cherchez à inspirer amplement , observez

A nouveau l’expiration , c’est le relâchement des muscles qui ont induit l’inspiration, sauf si je cherche à vider volontairement et complétement mes poumons, ce que mes muscles abdominaux en particulier vont m’aider à faire.


Quelques ordre de grandeur

Inspiration et expiration transportent 0,5 litre d’air en mode reflexe, autour de 2 litres en mode contrôle. Enfin, même quand je cherche à les vider complètement, il me reste plus d’1 litre d’air dans les poumons.

(Source cours de Guy Taieb, cardiologue, EFY 2017)

En savoir plus sur le diaphragme - regarder la vidéo de l’université Lyon 1 sur le diaphragme

En savoir plus sur la fonction et le fonctionnement de la respiration, regarder la vidéo sur la respiration sur le réseau Canopé.


La respiration devient souffle

« Le souffle, c’est la vie ». Nous entrons dans la vie par une grande inspiration et nous la quittons en « rendant notre dernier souffle ».

Le terme souffle et les termes connexes se retrouvent au sens figuré dans de nombreuses expressions : Couper le souffle, être à bout de souffle, second souffle, être inspiré par un tableau, un délai qui a expiré…

Le souffle occupe une place centrale dans la tradition chinoise et hindoue, dans le religieux et dans le médical. On parle dans ces 2 traditions d’énergie vitale ( le QI chez les chinois, le prana chez les hindous), dont le souffle serait une des manifestations principale.

Dans la tradition du yoga, la maîtrise du souffle est une étape vers le samâdhi, état d’éveil permettant conscience et discernement, but de la pratique. Dans les yogas sutra (texte de référence du yoga datés du 5ème siècle) , le prânâyâma, maîtrise du souffle , arrêt des perturbations de la respiration, est une des 8 étapes vers cet état de yoga, le samâdhi. « Les mouvements de la respiration sont l’inspiration, l’expiration et la suspension. En portant l’attention à l’endroit où se place la respiration, sur son amplitude et son rythme on atteint un souffle allongé et subtil » (YS 2-50 traduction Françoise Mazet)

Dans la pratique du Hatha yoga , l’attention prêtée à notre souffle et les exercices de respirations sont toujours présents.

Boris Tatzki dans son ouvrage Le souffle, énergie du yoga écrit au sujet de l’air : « dans le cadre du yoga, il est vécu en tant que souffle-énergie et procure la possibilité d’entretenir notre vitalité et d’ouvrir le champs de notre conscience à des niveaux d’une vastitude insoupçonnée. L’inde classique, dans le développement de sa pensée spirituelle a accordé une place exceptionnelle à la conscience du souffle et à sa maîtrise ».


Quels sont les bénéfices d’un souffle plus ample et maîtrisé ?

Apaiser nos émotions . Si nos émotions influent sur le rythme de notre respiration, la réciproque est vraie.

Emotion vers respiration : Si je suis angoissée ma respiration s’accélère, ce qui m’angoisse de plus bel et ainsi de suite . A l’inverse, si je suis bien, installée confortablement dans un lieu tranquille, alors ma respiration ralentit.

Respiration vers émotion. Si je prends le temps simplement de prêter de l’attention à ma respiration, mon cerveau s’apaise, ma respiration ralentit et s’amplifie et mon corps et mon mental s’apaisent.


Ce phénomène connu et mis en pratique depuis toujours dans le yoga ou dans des disciplines plus récentes comme la sophrologie, trouvent aujourd’hui en particulier grâce aux neurosciences des explications scientifiques ; en voici quelques-unes :

- L’attention à la respiration vient occuper notre matière grise. Ce n’est pas la même zone du cerveau qui génère la respiration reflexe (tronc cérébral) et la respiration « contrôlée » (cortex). Notre cortex, c’est le lieu des « opérations mentales » ; lorsqu’on se concentre sur le souffle , « notre bande passante» est occupée à cette tâche, d’où une grande difficulté à penser à autre chose, ce qui a pour conséquence de mettre à distance le monde extérieur : Un effet anti cogitation et anti rumination immédiat.

- L’attention à la respiration amplifie la respiration et favorise l’activation de notre système nerveux parasympatique (par le biais de nos poumons qui sont dotés de récepteurs nerveux connectés au système nerveux). Le système parasympatique ralentit les fonctions de l’organisme et apaise les émotions ; un effet relaxant garanti.

- D’autres pistes complémentaires sont à l’étude : L’augmentation de l’amplitude de respiration générerait une meilleure oxygénation des neurones et les rendraient moins excitables (en particulier certaines zones liées à l’anxiété. Autre piste : le sentiment de contrôle de la respiration pourrait procurer directement un effet réconfortant par opposition au sentiment d’anxiété que génère son non contrôle (par exemple en cas de crise d’asthme).

Et les effets pourraient être durables . Tous ceux qui pratiquent le yoga connaissent les effets décrits plus hauts, ce sentiment de bien-être et d’apaisement profond . Ce que révèlent des études récentes, c’est que ces effets pourraient s’inscrire durablement dans notre cerveau, par apprentissage , en modifiant certains circuits cérébraux.


Une respiration maîtrisée permet donc d’apaiser nos émotions et notre esprit ; en occupant notre cerveau nous invitons notre mental à suspendre la course infernale et incessante de nos pensées, pour ramener notre attention au moment présent et au corps.

Cet état de silence en nous permet de nous extraire du vacarme du monde et ouvre des portes vers notre intériorité essentielle loin de nos divertissements existentiels.


Enfin, le travail sur le souffle nous ramène à notre rapport au monde extérieur, ce que nous ingérons du monde, ce que nous donnons au monde, rappel de notre reliance et de notre dépendance au monde extérieur . « L’air est un élément prodigieux reliant constamment l’être humain au monde. Un bien très précieux et qu’ensemble nous devrions protéger en toutes circonstances ». Boris Tatzki


(éléments d’études extraits de Cerveau et psycho oct 2018- les pouvoirs de la respiration – articles de Thomas Simillowski, Chef de service de pneumologie de la Pitié Salpêtrière et directeur de l’unité de recherche neurophysiologie respiratoire expérimentale et Clinique Inserm Sorbonne université et Christophe André Psychiatre à l’hopital Sainte Anne et pionnier de l’utilisation thérapeutique de la médiation pleine conscience en France)



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